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- des Mâqams orientaux aux Percussions contemporaines, de Farangis Nurulla
Les premières répétitions ont débuté à Strasbourg sans la présence de quatre artistes, dont les visas d'entrée en France ont été refusé dans un premier temps... Création de la compositrice tadjike Farangis Nurulla-Khoja pour voix, instruments traditionnels orientaux et percussions. Distribution des artistes orientaux : Noma Omran - Sohiba Davlatshoeva - Usmanova Sharofat - Dzamshed Ergashev : voix solistes // Abduvali Abdurashidov, tanbur sato - Kiya Tabassian, tanbur setar Les répétitions vont enfin débuter au complet mercredi 19 novembre après quelques frayeurs administratives d'obtention de visa pour les artistes orientaux. En effet, la culture et la musique ne semblent pas obtenir les faveurs des autorités consulaires de l'Ambassade d'Allemagne à Douchanbé (seule ambassade là-bas à centraliser ce type de visas) qui a refusé d'octroyer les visas d'entrée sur le Territoire Schengen à nos musiciens invités, sans donner de motifs de refus et nous renvoyant vers l'Ambassade de France. Frayeurs, nuits blanches, interventions diplomatiques et politiques..., et décalages horaires nous ont nourris toute cette semaine pour, enfin voir arriver nos artistes orientaux en France dès ce mercredi. Cela fait plus d'un an que nous travaillons en relation avec ces artistes qui ont l'habitude de voyager en Europe et dans le monde entier et c'est la première fois qu'ils rencontrent un tel refus à leur demande. Finalement, comme l'affirme Farangis dans sa note d'intention, "il y a un réel défi à vouloir utiliser une musique d'une tradition orale qui se perpétue depuis des centaines d'années avec une musique contemporaine en perpétuelle évolution". A l'ére d'Internet, la musique adoucit certainement les moeurs, mais de façon virtuelle. Aujourd'hui, en réel, la rencontre sur scène, entre artistes de tout horizon, a su davantage conjuguer ondes de chocs diplomatiques et heurts administratifs. Pour revenir à l'essentiel, la Musique, il nous reste à découvrir bientôt ces artistes sur les scènes de Meylan (38), Strasbourg et Rouen.
Une coproduction Les Percussions de Strasbourg, le Festival 38èmes Rugissants, le Maillon - Théâtre de Strasbourg, scène européenne / avec le soutien du Trust Aga Khan pour la Culture (AKTC) Commande de Mécénat Musical Société Générale . |
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Dossier de presse - Ravshani, musiques entre deux temps - version 16/10/2008 |
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Maqam, définition
Maqam : litteralement mode, nom générique principal des styles musicaux arabo-irano-turcs définissant une structure modale capable de déterminer un modèle ou un style mélodique et une atmosphère. Ces chants ont fleuri dans les grandes cités d’Asie Centrale au cours des siècles de la Route de la Soie qui voyait défiler diverses éthnies. Avec des textes inspirés par le soufisme, ses mélodies lyriques et ses accompagnements instrumentaux d’une grande rigueur, le Maqam produit une musique d’un grand raffinement et d’une profonde beauté qui couvre toute l’étendue de la vie sociale traditionnelle, du monde sacré de la prière à celui plus extraverti de la danse. |
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"Entre oralité et écriture", note d'intention de Jean-Paul Bernard
L’oralité est l’art de la tradition orale, de ce qui se transmet par la parole et qui implique obligatoirement l’idée de la transmission. Cette transmission d’un texte oral, musical n’est par définition jamais fixée. Elle permet une liberté d’improvisation rendant ainsi toujours vivant ce « texte oral » sans toutefois ne jamais perdre le sens initial. On retrouve dans la percussion cette idée de transmission : la percussion (avec la voix) est le premier instrument de l’homme et elle a un rôle magique et incantatoire en même temps qu’une fonction sociale et pratique (transmission de messages par exemple) Ce projet est la rencontre entre des musiciens de tradition « orales » et « écrites » : un ensemble de musiciens orientaux (5 voix solistes, sato, tanbur...), et les six percussionnistes de Strasbourg. C’est aussi une confrontation entre une culture dite « savante » et une culture dite « populaire » ou des questions se posent. Comment, par exemple, valoriser ce patrimoine oral sans lui faire perdre son âme ? Comment, à partir de cette rencontre, entreprendre une action de création où l’ecrit et oral seront si intimement liés ? Ces Maqâms seront forcément un va-et-vient entre ces deux modes d’expression. Farangis Nurulla y explorera toutes les possibilités, toutes les voies qui lui seront offertes. La pertinence du projet permettra de porter un regard sur le monde contemporain en s’appuyant sur un vrai travail de mémoire. Jean Paul Bernard, directeur artistique des Percussions de Strasbourg |
Maqams et Percussions, note d'intention de Farangis Nurulla
Ce projet est la continuité d’une réflexion que je mène depuis plusieurs années et qui se trouve au coeur même de mon travail de compositrice. En effet, il y a un réel défi à vouloir utiliser une musique d’une tradition orale qui se perpétue depuis des centaines d'années avec une musique contemporaine en perpétuelle évolution. Quand je travaille avec des musiciens orientaux et occidentaux, je dois constamment faire face à des défis d'une manière concrète et découvrir comment faire se rencontrer ces deux tendances. Mon affinité pour certaines résonances des cordes (la subtilité du tanbur tadjik, par exemple) enrichit mon écriture musicale. Les cordes possédant la capacité de résonner en sympathie les unes avec les autres, j’ai trouvé ici de nouvelles perspectives pour ce projet d’ensemble. J'ai déjà travaillé à un projet Maqam et Créations avec la Fondation Royaumont. Cela a été très fructueux et une merveilleuse expérience qui nous a permis de travailler avec des musiciens français, syriens, andalous, arméniens et iraniens. Ma nouvelle pièce sera écrite pour les six musiciens des Percussions de Strasbourg, cinq chanteurs de musique traditionnelle orientale, et un musicien traditionnel oriental : sato/tanbur - sato-tadjik instrument à cordes frottées. Le concert se présentera en une performance sans entracte d’une durée de 80 minutes environ. Ma composition sera une rencontre entre musique traditionnelle et contemporaine basée sur des percussions et des voix. Le spectacle prendra la forme d’un voyage élaboré autour d'anciennes mélodies pamiriennes aux rythmes complexes et irréguliers. Je vais extraire des matériaux rythmiques d'autres traditions aussi, et parfois insérer un élément de fiction à mon rythme métrique comme si j'essayais de décrire des danses d'une culture imaginaire. Ainsi, j’appliquerai les méthodes de transcription comme une sorte de transfert d’énergie d’une source à une autre, collectant ici et là des fragments de tradition tadjike, andalouse et syrienne, de différentes époques qui fonderont mon imaginaire sonore pour cette œuvre contemporaine. Les transcriptions de mélodies syriennes et pamiriennes auront leur propre énergie directionnelle qui influeront sur ma composition. Cette intertextualité dynamisera l’œuvre et la façon dont nous ressentons la composition. Ces transcriptions seront d’une grande variété : abstraites comme une accélération de rythmes harmoniques dans une ancienne mélodie pamirienne ou une décélération comme dans un motet du début de la Renaissance ; ou viscéral comme un battement de cœur ou comme une série répétitive de rasgueado de guitare flamenco.Leur énergie nous permettra de les resituer dans leur contexte historique et culturel. Ensuite, je compacterai ces processus rythmiques ce qui m’incitera à écrire mesure par mesure en prenant compte les énergies. L’incorporation de certains rythmes complexes de musique traditionnelle pose aussi un défi de taille. En général, la grande partie de mon travail consiste à transcrire des rythmes de falaki (musique de destin). Par exemple, pour des falaki, la plupart des rythmes se compte en 5/8 (1-2/1-2-3). Or aujourd’hui, on compte davantage en 6/8 ou 7/8. Cette façon de reprendre les vieux outils rythmiques est l’essence même de la musique contemporaine. Ce travail de composition est destiné aux Percussions de Strasbourg et aux voix. Mon intention est de me concentrer davantage sur les rythmes et les aspects vocaux de maqams. Au-delà de la structure des maqams, ce sont leur proximité avec la voix humaine qui m’attire. De par mes racines, j’ai en moi ce langage, cette faculté à l’utiliser et à me l’approprier dans le cadre de ma démarche de compositrice. Plus qu’une forme, le maqam est un langage et une culture. Ma sensibilité pour les résonances des cordes (la subtilité sonore du tadjiko tanbur, par exemple), me suggère une vision de la musique contemporaine. Grâce à la richesse de ces résonances, je pense trouver dans ce projet de rencontres artistiques, une autre métaphore qui serait celle d’une entité artistique et musicale. Cette façon de travailler avec des formes anciennes, une fois encore, est l'essence même de mon travail musical. Je pense que ce genre de collaboration entre voix et instruments, entre tradition et modernité, nous incitera à la réflexion et à l'écoute.
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